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Escapade
aux Antilles
Des
cactus sous les tropiques.
Delphine
Nguyen & Jérôme Branon
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plus de 6000 Km de Paris, l'ile de la Guadeloupe est
connue pour ses superbes plages, ses ti-punchs et son volcan, la Soufrière.
S'il est vrai que les plantes tropicales y abondent il n'en est pas
de même pour les succulentes mis à part les Agaves, Aloes
et Euphorbias lactea qui au milieu des Bougainvilliers et Hibiscus
en fleur composent la plupart des jardins des maisons typiques Antillaises.
Pour apercevoir nos premiers plants in situ il a fallu se rendre au
Nord de la Grande Terre, la Pointe de la Grande Vigie qui surplombe
la mer de 84 mètres offrant un point de vue sur la Désirade
(l'île des Têtes à l'Anglais, Melocactus intortus
), que l'on a malheureusement pas visité faute de temps ! Ici,
le paysage ressemble à notre Bretagne, avec une |
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végétation
très sèche : c'est là
que nous avons été surpris par des tapis de
Kalanchoe dont le genre semble être très proche de
K. daigremontiana. Ils forment des touffes très compactes
et vu leur facilité de reproduction, vous pouvez imaginer
leur développement en pleine nature ! Les feuilles sont noires,
avec des rayures et les plus grands peuvent atteindre environ 1,30
mètres de hauteur. C'est la seule végétation
succulente à l'état naturel que nous avons vu sur
l'île de la Guadeloupe, en plus des quelques cierges antillais,
Pilosocereus nobilis, qui bordent certaines collines longeant les
routes de la Basse-Terre.
Pour
voir des cactus, il faut se rendre sur l'Archipel des Saintes, situé
à 20 minutes en bateau de Trois-Rivières, la ville
la plus au sud de la Basse-Terre. L'archipel est composé
de neuf îles, la plus importante étant Terre de Haut.
C'est à son sommet que se dresse le Fort Napoléon.
Ce monument, construit de 1844 à 1867, devait servir à
protéger l'île des anglais.
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| Aujourd'hui,
le Fort abrite un petit musée d'Histoire et Traditions populaires
et un jardin exotique a été créé en 1984
: il s'illustre comme un conservatoire de la flore locale. Plusieurs
jardins botaniques ont apporté leur concours à l'élaboration
du jardin, notamment, le célèbre jardin exotique de
Monaco. Ainsi, notre visite commence par une collection de Stapelia
grandiflora, Nopalea cochenillefera et Furcraea selloa. Nous avons
la chance d'être accompagnés par des iguanes, espèce
protégée de l'île, qui ne semblent pas perturbés
par les nombreux touristes. |
| De
nombreux Yucca, Agaves, avec des hampes immenses, Aloes arborescens
et zebrina en fleur, et Furcrea tuberosaû variegata bordent le chemin
qui entoure le fort. Des Euphorbia lactea, E. coerulescens et E. tirucallii,
dont l'apparence ressemble au Rhipsalis forment des buissons impressionnants.
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| Les
cactus cierges sont représentés par des Pilosocereus
nobilis, un Neobuxbaumia haut d'environ 3 mètres, et des Stetsonia
coryne. Les Melocactus Intortus, dont l'espèce menacée
bénéficie d'une protection totale depuis 1989, sont
finalement peu présents dans le parc, on devra se contenter
d'un ou deux spécimens avec céphalium. Pereskia aculeata,
Adenium obesum, Plumeria alba et bien sûr, Echinocactus grusonii
sont aussi là, au milieu de Flamboyants et Orchidées,
pour la beauté du parc. |
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On
finit notre visite par un étonnant Opuntia, très chargé
en fruits et fleurs, dont le genre ne nous a pas été
spécifié. Les cactées ont quelque peu souffert
car il faut préciser que le passage du cyclone Hugo en 1995
a fait beaucoup de dégâts sur l'ensemble de la végétation.
La protection de la nature est en partie assurée par l'Association
Saintoise de Protection du Patrimoine.
Le
site du Fort Napoléon est vraiment un passage à ne
pas manquer car en plus de son jardin de cactées, il offre
un point de vue imprenable sur l'Archipel ainsi que sur l'île
de la Guadeloupe, Marie-Galante et la Dominique. Quelques unes des
espèces présentes au Fort sont aussi visibles lors
de promenades dans l'île, mais il faut avoir le coup d'il
!
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| Pour
terminer, nous souhaiterions évoquer la forêt tropicale,
lieu magnifique mais dont les conditions sont contraires aux succulentes.
En effet, l'humidité y est constante, il pleut entre 2 et 5
mètres par an, et les rayons du soleil passent difficilement
à travers les denses feuillages des arbres, ceux - ci mesurant
des dizaines de mètres de haut, les plus hauts atteignants
30 à 35 mètres de haut, comme l'Acomat boucan ou le
Châtaignier grandes feuilles. De nombreux épiphytes se
développent au creux des troncs d'arbres comme la Siguine rouge
et l'Ananas bois qui envahissent la forêt en déployant
leurs racines aériennes telles des lianes venues de nulle part.
Dans les sous-bois, nous sommes impressionnés par les feuilles
tombées |
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des
hauteurs de la Siguine blanche (un philodendron géant), qui
atteignent facilement 1,50 mètre de longueur. Mais le plus
beau dans la forêt, c'est de découvrir au milieu des
fougères arborescentes, les fleurs des balisiers ou les roses
de porcelaines, dont les couleurs éclatantes cassent l'omniprésente
verdure.

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